Brexit : Les banques fuiraient Londres

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Brexit

Les banques installées au Royaume-Uni anticipent déjà les conséquences de la sortie britannique de l’Europe.  Ce n’est pas pour rien si des places comme Paris, Francfort, Luxembourg ou même Milan (malgré la crise italienne) aiguisent leurs armes et arguments pour attirer la finance londonienne.

Paris aurait sa part…

D’ici deux ans, on ne sera pas étonné de voir la Défense investie de gratte-ciel où logeraient des enseignes bancaires aussi prestigieuses que Goldman Sachs, JP Morgan et autre Bank of America. Ce scénario ne relève pas de la fiction, mais des dernières informations officieuses émanant des grandes banques étrangères implantées à Londres.

Bien qu’aucune banque n’ait annoncé sa relocalisation, personne ne peut nier que les grands établissements de la place londonienne ont déjà constitué des groupes de travail pour évaluer toutes leurs options. Ces « task forces Brexit » comprennent des équipes RH, des juristes, des financiers, etc. Même si ces banques préféreraient rester à Londres, les enjeux doivent les pousser à penser immédiatement à une relocalisation dans des pays de la zone euro. Les raisons en sont multiples.

L’heure est à l’anticipation

La perte du « passeport européen » est un facteur de taille à prendre en considération dans l’activité de ces banques, vu leur interdiction prochaine d’exercer leur activité en Europe sauf si elles s’installent dans l’un des 28 pays de la zone euro. Il faudrait ainsi que le Royaume-Uni accepte de respecter les 4 libertés (libre circulation des personnes, des capitaux, des biens et des services). Ce qui fait dire à Jim Cowles, le patron de Citigroup pour la région Europe Moyen-Orient Afrique : « Que ce soit un Brexit hard ou soft, il faut que nous soyons prêts à toutes les éventualités. Nous sommes obligés de présupposer le scénario du pire ».

En tout cas, dès l’activation du processus de retrait par le Royaume-Uni, il restera aux banques une durée de deux ans pour pouvoir se restructurer et s’adapter à la nouvelle situation. Pari (quasi) impossible puisqu’elles ont concentré, depuis quinze ans, leur activité à Londres, tout en profitant du passeport européen.

Les banques anglaises (HSBC ou encore Barclays très actives à l’international) devront, de leur côté, avoir une entité dans l’un des pays de la zone euro ou la renforcer si elles en possèdent une. Quant aux banques non européennes, surtout américaines, dont Londres est un hub, la relocalisation s’impose avec force.  Tel est le cas de Goldman Sachs qui emploie 6000 personnes, avec 5500 employés sur Londres. C’est le même topo pour les cinq plus grandes banques américaines d’investissement installées au Royaume Unis, indique l’institut Bruegel, avec 80% de leur effectif installé dans la capitale anglaise.

Paris va-t-elle tirer profit de cette aubaine ?

Pour répondre à cette question, il n’y a pas mieux que les banquiers eux-mêmes :

« C’est sûr qu’aujourd’hui, on ne va pas bouger des milliers de personnes à Paris si c’est pour se retrouver avec un contrat de travail très, très protecteur. », déclare un banquier.

« C’est le principal sujet pour des redéploiements d’effectifs importants […]. Là-dessus, Francfort n’est pas mieux que Paris ; par contre Dublin, Luxembourg, Amsterdam, c’est beaucoup mieux. », ajoute un autre.

« Ce qui gêne le plus, en France, c’est le côté très volatil de la législation. Les Allemands, vus de loin, ont l’air plus sérieux que nous, les Français. Même si Francfort est une ville moins agréable », argumente un autre banquier.

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