Comment négocier un découvert avec son banquier ?

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découvert bancaire

Il est possible d’obtenir un découvert auprès de sa banque, mais il faut savoir que ce service induit le paiement de frais. Ce service est une avance d’argent octroyée par l’établissement qui gère votre compte courant, et il est fortement conseillé de l’utiliser en prenant des précautions. Un découvert peut être accordé à tout titulaire d’un compte bancaire, et il permet d’éviter le rejet d’un chèque ou d’un prélèvement pour cause de provision insuffisante. Nous allons donc vous fournir des conseils pour négocier au mieux un découvert avec votre banquier.

Obtenir une facilité de caisse de quelques jours

Une facilité de caisse est en quelque sorte un dépannage occasionnel qui permet de couvrir un décalage de trésorerie, et d’attendre sereinement une entrée d’argent. Cela permet à votre compte courant de fonctionner normalement, même à découvert, et en général pour une durée de 2 semaines maximum sur un mois (de façon discontinue ou continue).

De nombreuses banques accordent actuellement de façon automatique des facilités de caisse à leurs clients, mais pour un petit montant. Toutefois, elles proposent également à leur clientèle des facilités de caisse personnalisées qu’il est possible de négocier. Ce service, considéré comme un crédit de courte durée, comporte des intérêts généralement compris entre 8 et 17 % par an. Les clients peuvent, au cas par cas, négocier ces conditions. Bien entendu, les clients qui n’ont jamais d’incident sur leur compte courant peuvent obtenir les meilleures conditions.

Le banquier peut appliquer des frais de dossier lorsqu’il accorde une facilité de caisse. Ces frais varient en général entre 11 euros et 28 euros. Cette facilité de caisse peut être négociée ou automatique, mais il faut savoir que l’établissement bancaire a le droit de la refuser ou de la supprimer sans motif une fois qu’elle est mise en place. Dans ce dernier cas, elle doit respecter un préavis de deux mois, sauf si le client qui en bénéficie fait preuve d’un comportement fautif.

Négocier un découvert avec son banquier : durée indéterminée ou déterminée

Afin de négocier au mieux son découvert avec son banquier, il faut au préalable déterminer ses besoins. En effet, il faut se demander si l’on a besoin d’un découvert permanent ou d’un découvert sur une durée limitée avant de prendre rendez-vous avec son banquier. Il convient également de fixer le montant de découvert que l’on estime nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de son compte courant. Il est possible d’envoyer un courrier à son banquier pour effectuer sa demande de découvert autorisé, mais il est conseillé de se déplacer en agence pour négocier en face à face si la demande est urgente. N’envoyez pas de mail, car il ne sera pas forcément reçu directement par votre conseiller et peut donc mettre du temps avant de parvenir au bon destinataire.

Obtenir des conditions avantageuses pour son découvert

Afin d’obtenir les meilleures conditions pour son autorisation de découvert, il est indispensable d’appuyer sa demande avec de solides arguments. Ces arguments peuvent être la détention de plusieurs produits (livret, PEL, PEA, assurance-vie…) dans l’établissement ou la domiciliation des revenus (salaire, retraite ou pension) sur le compte courant. Si vous êtes dans l’attente d’une entrée d’argent importante comme une succession, une vente immobilière ou une prime professionnelle, servez-vous-en également comme d’un argument. Il faut également signaler à votre banquier si vous êtes propriétaire d’un bien immobilier ou si vous n’avez pas à supporter de remboursement de crédit, car ces informations jouent en votre faveur.

Pour obtenir des conditions avantageuses pour votre découvert, mettez en avant vos revenus (s’ils sont importants), votre ancienneté dans l’établissement, la faiblesse de vos charges ou le montant de votre épargne dans cette banque. Votre banquier prendra de son côté en considération son degré de confiance qu’il a en vous ainsi que la qualité de votre relation. Toutefois, il est possible de faire face à un conseiller bancaire peu enclin à octroyer un découvert, malgré de solides arguments en votre faveur. Dans ce cas, il est conseillé de changer d’agence ou de changer de banque.

Négocier les intérêts du découvert

Lorsqu’elle vous accorde un découvert, votre banque applique à celui-ci des intérêts débiteurs nommés agios. Ils apparaissent sur votre relevé bancaire sous la forme d’un taux annuel effectif global (TAEG) et varient d’une banque à une autre. En effet, ces taux ne sont pas uniformes et ils peuvent être négociés. Les banquiers ont tendance à appliquer des taux d’intérêt plus faibles à leurs « bons clients », plutôt qu’à leurs clients moins à l’aise financièrement. Il est à noter que si le montant maximal du découvert autorisé est dépassé, la banque applique des intérêts supplémentaires ainsi qu’une commission d’intervention dont le montant est plafonné légalement.

Les courriers de votre banque (30, 60 et 90 jours)

Même en respectant le plafond de votre découvert autorisé, le solde de votre compte ne peut pas rester débiteur sans interruption durant une longue période. Si c’est le cas, votre banque vous enverra au moins trois courriers d’information pour vous inciter à rendre votre compte courant créditeur. Le premier courrier d’information intervient à l’approche du 30e jour. Toutefois, il faut savoir que l’article L341-19 du code de la consommation indique qu’un découvert remboursable de moins d’un mois ne constitue pas une opération de crédit. Par conséquent, il n’est pas soumis aux dispositions légales prévues dans le code de la consommation.

Le deuxième courrier est envoyé par la banque à l’approche du 60e jour de situation débitrice. Ce courrier exige plus énergiquement que votre compte courant redevienne créditeur si votre situation n’a pas évolué. En effet, si votre compte reste débiteur durant trois mois, il est requalifié légalement en crédit à la consommation de manière automatique. Lorsque c’est le cas, votre établissement bancaire doit vous transmettre une offre de crédit à la consommation. Cependant, les banques ne souhaitent pas se retrouver dans cette situation et fixent donc une durée maximum de 90 jours pour ne pas atteindre ce délai légal.

 

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