Indicateurs économiques : Pourquoi le rapport des NFP (Non-Farm Payrolls) est si important ?

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NFP (Non-Farm Payrolls)

Comme tous les premiers vendredis du mois à 8h30 (heure de New-York), vendredi dernier le rapport de l’emploi américain pour le mois de janvier (rapport NFP) a été publié par le Bureau of Labor Statistics du département du travail américain.

Ce rapport est le premier de l’année et montre des créations d’emploi qui ont augmenté de 227 000 en janvier, en particulier dans les secteurs du commerce, de la construction et des services financiers, et un taux de chômage qui a légèrement augmenté à 4,8%. Le gain moyen horaire de tous les employés du secteur privé a augmenté de 3 cents à 26 $ en janvier, après une augmentation de 6 centimes en décembre 2016.

Rapport de l’emploi américain pour le mois de janvier 2017 (rapport NFP)
Rapport de l’emploi américain pour le mois de janvier 2017 (rapport NFP)

Pourquoi ce rapport est-il tant suivi par les investisseurs ?

1# Il nous renseigne sur la situation du marché du travail aux Etats-Unis

Considéré comme l’un des meilleurs baromètres de la santé de l’économie américaine, le marché du travail permet d’évaluer si l’économie américaine accélère ou au contraire, si elle ralentit.

Dans le rapport NFP, il y a deux enquêtes mensuelles principales qui nous donnent une vue d’ensemble de la situation de l’emploi ainsi que des tendances futures : l’enquêtes Household ou CPS et l’enquête Establishment ou CES.

L’enquête CPS ou Current Population Survey fournit des informations concernant la population active, l’emploi et le chômage de manière démographique :

  • statut vis-à-vis de l’emploi : taux de participation, nombre de personnes non présentes dans la population active…
  • taux de chômage : par âge, sexe, race…
  • raisons du chômage : avoir terminé un emploi temporaire, quitter son emploi…
  • durée du chômage : moins de 5 semaines, plus de 27 semaines…
  • personnes employées à temps partiel : pour des raisons économiques, parce qu’elles ne pouvaient trouver que des emplois à temps partiel…
  • personnes non considérées comme faisant partie de la main-d’œuvre : personnes découragées, personnes marginalement attachées à la main d’œuvre…

L’enquête CES ou Current Employment Statistics permet d’obtenir des informations sur l’emploi par industrie :

  • nombre d’employés par secteur d’activité, industrie et sexe
  • heures travaillées par semaine en moyenne
  • heures supplémentaires par secteur d’activité

2# Il nous aide à anticiper les comportements futurs des consommateurs

Les enquêtes de ce rapport qui nous permettent d’avoir une idée de force ou de la faiblesse du marché du travail aux Etats-Unis.

Ces informations nous aident également à prédire la façon dont les consommateurs vont dépenser leur argent. Du point de vue du business, nous pouvons également déterminer dans quels secteurs d’activité les besoins en main d’œuvre sont les plus importants ou au contraire quels secteurs d’activité détruisent le plus d’emplois. Cela influencera positivement ou négativement la croissance américaine, l’investissement des entreprises et l’évolution de l’inflation.

Lorsque l’on reçoit un salaire, il peut être soit dépensé, soit investi, soit épargné. Donc plus il y a d’emplois crées et plus il y a de personnes qui reçoivent un salaire. La probabilité que les salariés dépensent cet argent est donc plus grande. De la même façon, lorsque les salaires augmentent, les salariés reçoivent plus d’argent qu’ils peuvent davantage dépenser. Les dépenses des ménages représentent un pilier important pour la croissance américaine puisqu’elles représentent plus de 60% du PIB des Etats-Unis.

3# Il nous permet de mieux anticiper les futures décisions de la FED

La FED a un double mandat de plein emploi (taux de chômage à 4,8%) et de stabilité des prix (indice PCE à 2%). De nombreuses informations sont disponibles dans le rapport des NFP concernant ce double mandat. Ce rapport nous permet donc d’apprécier l’existence de pressions inflationnistes au niveau des salaires et l’état général de la situation du travail ainsi que son évolution future.

Inflation

Comme nous venons de le mentionner, l’évolution du salaire et le niveau de création d’emplois jouent un rôle crucial dans l’évolution de la consommation, mais également dans l’évolution de l’inflation.

Comme nous l’avions expliqué dans un article précédent (La Fed Et Donald Trump : Ce Qui va Changer !), si plus de personnes reçoivent un salaires alors il peut y avoir plus de  dépenses de consommation et la demande pour certains biens pourrait augmenter plus rapidement que l’offre de ces mêmes biens. Si l’entreprise qui fournit ces biens décide de ne pas agrandir sa production, alors les prix pourraient augmenter car ces biens deviendront plus rares : la demande sera supérieure à l’offre.

Les pressions inflationnistes au niveau des salaires sont également liées au fait que des salaires qui augmentent peuvent entraîner une hausse des coûts de production et l’entreprise peut décider d’augmenter le prix de vente final au consommateur afin de conserver sa marge.

Situation de plein emploi

Le taux de chômage est l’indicateur qui semble être retenu par la FED dans sa définition de plein emploi. Mais cela ne regroupe que les personnes sans emploi qui en recherchent activement un. Le nombre réel des personnes sans travail est donc certainement plus élevé que le taux officiel.

On peut donc deviner une certaine « atonie du marché du travail américain » car la main-d’œuvre reste sous-utilisée. Il y a également de nombreux travailleurs qui sont découragés (et ils ne sont pas pris en compte dans les chiffres du chômage puisqu’ils ne recherchent plus d’emploi) ou de travailleurs qui acceptent un emploi à temps partiel puisqu’ils ne trouvent pas d’emploi à temps plein.

Ce rapport prend en compte 80% de la population active des Etats-Unis, donc toutes ces informations sont importantes pour anticiper les décisions de la FED car ce rapport nous fournit de nombreux indices sur l’évolution actuelle et future de l’économie américaine.

Les chiffres de ce rapport montrent si la FED se rapproche ou s’éloigne de ses objectifs. Par conséquent, il indiquera une probabilité plus élevée (ou plus faible) d’un futur changement de politique monétaire américaine – easing ou tightening – lors des prochaines réunions.

Lors sa 1ere réunion de l’année, la FED n’a pas changé sa politique monétaire avec des taux Fed Funds qui restent compris entre 0,50% et 0,75%. Elle a également déclaré que les taux seront augmentés « graduellement » en fonction des données disponibles. Elle prévoit entre 2 et 3 hausses des taux cette année.

 

 

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