Le « non » italien n’impacte pas les banques de la zone euro… pour le moment

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Référendum en Italie : NON

Le « non » des Italiens lors du référendum constitutionnel du 4 décembre dernier a mis les banques italiennes en difficulté. Après la démission de Matteo Renzi, les conséquences ne se sont pas fait attendre. La banque Monte Dei Paschi est actuellement confrontée à de grandes difficultés. D’autres institutions financières comme Banco Popolaure, Unicrédit et Intesa Sanpaolo essayent de limiter les dégâts. Pour les banques de la zone euro, tout va bien pour le moment.

Les banques italiennes courent vers la faillite

L’Italie est menacée d’une grave crise bancaire. « Les banques italiennes sont grevées par 360 milliards d’euros de créances douteuses, fruits de la dure récession de 2011-2013 et de la faible reprise qui a suivi. Ceci conduit à un besoin de capitaux de l’ordre de 40 milliards d’euros », indique un confrère dans l’un de ses articles.

Et il n’a pas du tout tort. Pour exemple, les actionnaires de Monte Dei Paschi qui se sont réunis en novembre dernier à Sienne avaient validé un plan de sauvetage de la banque. Ce plan prévoit la cession de créances douteuses (créances dont les débiteurs n’ont pas versé les intérêts et les remboursements depuis un certain temps par rapport aux échéances du contrat de crédit) ainsi qu’une augmentation de capital pouvant atteindre 5 milliards d’euros. Or, cette capitalisation devrait être de mise avant fin 2016. Mission impossible vu le flou qui persiste quant à la volonté des différents actionnaires d’y prendre part.

Pas de second Brexit

Les 60% des Italiens ont voté non et ont poussé Matteo Renzi à la démission de son poste de Président du Conseil. Ils ont ainsi favorisé une période d’incertitude et ont fait planer l’ombre d’un Brexit II dans de la zone euro. Toutefois, pour  le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, l’impact du rejet de la réforme italienne sur l’Europe est à relativiser.

« En 2016, le monde en général, et l’Europe en particulier, a connu une période de fortes incertitudes : des incertitudes liées à notre sécurité avec la menace des attaques terroristes, des incertitudes politiques avec le Brexit et, plus récemment, la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis », a-t-il affirmé à Tokyo, à l’occasion du 20e Forum financier international. Et d’ajouter, « Le référendum en Italie peut être considéré comme une autre source d’incertitude. Cependant il ne peut être comparé au référendum britannique : les Italiens ont été appelés aux urnes pour se prononcer sur un sujet constitutionnel interne, et non sur l’appartenance de longue date de l’Italie à l’UE ».

Des déclarations qui ont bien été accueillies par les places financières de la zone euro. Ainsi, à la Bourse de Paris, le cours des banques françaises était même en nette hausse hier (05-12-2016): BNP Paribas +1,25%, Société Générale +2,05% et Crédit Agricole (+ 1,79%), une heure après l’ouverture des transactions.

Cette bonne résistance des banques de la zone euro est aussi due aux déclarations du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) qui s’est dit pleinement confiant dans la capacité de résistance de l’euro et de la zone euro. Il est d’ailleurs important de rappeler à ce titre que Mario Draghi, le président de la BCE, avait annoncé la semaine dernière qu’en cas d’un vote négatif en Italie, la BCE s’engage « à mettre tout en œuvre pour préserver le système bancaire européen en cas de perturbations sur les marchés ». Les banques italiennes sont aussi concernées par cet engagement.

Les banques de la zone euro continueront-elle à résister ? L’avenir nous le dira.

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